L’Arche des Ombres – Robin Hobb

L’Arche des Ombres, aux éditions Pygmalion

Introduction

Retour à la case Fantasy. Cette fois-ci, j’avais besoin d’inspiration pour une de mes campagnes de jeux de rôles, ambiance « Pirates des Caraïbes ». Ne connaissant Robin Hobb que de nom, j’ai pioché ce roman par curiosité.

Si je n’ai pas eu de coup de cœur absolu pour ce livre, je l’ai beaucoup apprécié et il m’a amené à réfléchir sur beaucoup de sujets différents. L’ambiance n’est pas si proche de la licence de Disney, mais plutôt un étrange mélange de roman de marine à la « Master & Commander » et d’intrigue de cour se rapprochant un peu du style « A Song of Ice and Fire ».

Le Synopsis est compliqué à réaliser sans résumer une bonne partie de l’histoire ; il va donc forcément déborder sur la partie Univers.


Synopsis

Il y a plusieurs siècles avant notre histoire, la contrée côtière et ploutocratique de Jamailla a expulsé des familles entières d’indésirables, sous prétexte de coloniser les biens nommés « Rivages maudits ». Ceux-ci ont alors fondé Terrilville, et utilisé une étrange magie pour armer une flotte de navires « vivants », dont la figure de proue s’éveille, parle, conseille.

Le récit va donc s’articuler autour d’une famille de Terrilville, les Vestrit, et leur vaisseau vivant, Vivacia. Croulant sous les dettes et les obligations, tous contraint par l’honneur, la fierté, la vanité et leurs ambitions, tous frappés par les tragédies de leur ère. Les mauvaises décisions s’enchainent, les orgueils tonnent, et ainsi la famille se retrouve fracturée, et toutes ses parties en danger.

Au drame familial s’ajoute le drame national ; le vent de la révolte souffle sur Terrilville, alors que les tensions sociales entre habitants originels et nouveaux venus atteignent leur paroxysme. Le gouverneur de Jamailla, sensé les protéger des pirates, ne fait que les étouffer d’impôts et invite des esclavagistes à ruiner un peu plus la vie des gens et les économies locales. De plus, du fond des eaux, une ancienne menace oubliée guette…


Style

L’auteur nous fait suivre les principaux acteurs de l’histoire. Chaque chapitre dispose de plusieurs sous-chapitres, où à chaque fois un seul personnage est désigné « narrateur », permettant de voir les situations selon leurs points de vue. Ceci dit, la narration est aussi un peu omnisciente, donc il est difficile de la faire rentrer dans de petites cases.

Cela fait que l’auteur permet à ses personnages de s’exprimer et d’exprimer la chose que j’ai le plus apprécié dans le livre : leurs schémas logiciels. Ô, qu’il est simple de juger à l’aune de l’héroïne désignée, de se dire qu’elle a raison et que son adversaire a tort ; mais une fois que l’on chausse les bottes de celui-ci, cela devient plus mesuré, plus gris. Les gens peuvent être valeureux, avoir des qualités rédemptrices, et certains être foncièrement meilleurs que d’autres, tous ont leurs raisons d’agir.

Autre bon point, le scénario nous permet facilement de nous projeter, dans le sens de l’on peut deviner les arcs d’évolution des personnages, que leur but est généralement clair et que nos visions globales des situations nous permet d’évaluer par avance certaines embûches. Cependant, l’auteur nous garde toujours en haleine, il y a toujours un petit détail qui vient faire dérailler les prédictions et nous emmène dans une autre direction, plus loin qu’imaginé.

Les descriptions sont peu présentes et recentrent toujours sur les personnages et leurs aventures plutôt que l’environnement ; le monde marin est présent mais pas exhubérant et bien loin d’essayer de nous faire vivre la vie d’un matelot.


Univers

L’univers n’est pas le plus détaillé que je connaisse pour de la fantasy. L’auteur n’essaie pas de nous assommer de noms de contrées fantastiques, de nous faire crouler sous les éléments magiques ou différents du monde que ses personnages arpentent. La ‘carte’ du monde en est même assez réduite ; il n’est question que de trois, quatre nations. La nature de la magie n’est que très peu explorée en dehors du sujet principal, les Vivenefs. La magie existe simplement, ayant son utilité sans révolutionner les modes de vie.

Mais, faisant écho à la phrase de Saint-Exupéry sur la perfection, les éléments du récits sont tous là pour une raison et riment ensemble. Il n’y a pas de concepts sur lequel on s’attarde qui n’a pas un intérêt pour l’histoire, pour caractériser les personnages ou leurs conflits. On entend parler ainsi de comment un autre pays traite les femmes de façon plus égalitaire ; de comment un autre s’avilit dans l’esclavagisme, sans pour autant que les personnages n’y mettent les pieds.

Bien entendu, cet univers est partagé avec les autres sagas de l’auteur ; je ne les ai pas lus, mais pense bien que les détails des nations et de l’histoire sont à mettre en corrélation avec l’Assassin Royal, voire d’autres.


Conclusions

Livre traitant des navires et de l’aventure en mer sans devenir un manuel nautique, concentré sur les intrigues dans lesquelles sont plongée la famille Vestrit. L’auteur nous permet un grand moment d’empathie avec ses personnages, qu’ils soient bons ou mauvais, et leurs quêtes initiatiques, leurs rédemptions et leurs damnations.

Je ne sais pas si je ferais une revue du deuxième tome ; à priori, j’attendrais d’avoir terminé le troisième pour résumer mon avis sur toute la série. Je vous remercie pour votre lecture, et vous souhaite à bientôt ! D’autres projets arriveront très prochainement sur le site.

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