
Introduction
Nom évocateur qui avait retenu mon attention il y a quelques années, j’ai récemment eu l’occasion de l’acquérir et de feuilleter le premier tome. D’abord étonné par sa nature brève -100 pages environ-, j’ai apprécié l’expérience en notant quelques petits détails qui me grattaient, et si l’expérience était intéressante, je n’avais pas été saisi d’un amour fulgurant pour le « Défaillances Systèmes ».
Puis j’ai ouvert le second tome, et je pense c’est là que le déclic s’est produit.
Au vu de la nature brève de ces quatre premiers tomes, je vais en faire une revue groupée.
Synopsis
Le premier chapitre est une des situations initiales les plus claires que j’ai lu dans des romans de science-fiction. L’on y découvre notre personnage principal, un hybride androïde-cyborg ; une intelligence artificielle qui doit composer avec des composants organiques. Notre héros est plus exactement une SecUnit, une « arme » louée à des clients pour assurer leur sécurité. Ayant piraté le logiciel qui annihilait son libre-arbitre par un système de récompense/punition, celui-ci se découvre un désintérêt pour son travail et un amour des séries télévisées, alors qu’il doit escorter une équipe de scientifiques étudiant une nouvelle planète hostile.
Style
La narration à la première personne permet une plongée directe et permanente dans la psyché d’un robot tueur ; et au début je dois avouer y avoir été imperméable. Cela était plus dû à ma personnalité, un trait qui fait que les personnages désintéressés de leur propre récit me perdent rapidement. L’autrice arrive cependant à me rattraper grâce à un rythme plutôt soutenu -chacun des livres fait une centaine de page, tout se passe très vite.
Alors que le récit suit les pensées d’un logiciel sapiens, le lecteur erre et déambule au gré du personnage et de ses situations, ce qui explique à la perfection les changements d’intonation et les césures dans le récit. Tantôt le personnage est méditatif, il prépare ses plans ou nous fait part de ses réflexions profondes ; tantôt il décrit ses actions, leurs conséquences et le monde qui l’entoure avec la vitesse qu’on peut attendre d’une machine.
Ce qui en fait un style qui parait étrange au début ; les informations importantes pour le lecteur sont noyées dans des blocs de texte, et les situations d’actions sont plus compressées que je n’en ai l’habitude. Les résolutions des tomes ont en général lieu en trois ou quatre pages.
Univers
L’auteur a véritablement fait un tour de force quand à sa présentation de son univers. Les phases d’exposition sont très courtes ; pour tenir en haleine le lecteur, elles sont même tournées à nous faire poser plus de questions qu’elles ne daignent répondre.
Martha Wells a concocté un univers simple mais vaste, avec des personnages et des institutions hautes en couleurs. Des corporations avides de richesses et de pouvoirs aux bots de services crées abrutis, des défenseurs de la vie altruistes aux machines à tuer, des effets du tout-connectés aux dangers des artefacts aliens, tout entre en résonance, tout est à sa place.
A première vue et surtout dans le premier livre, les personnages autres que l’AssaSynth ne brillent pas par leurs personnalités, qui ne sont que très simple ; ils sont secondaires de nom et de fait. Mais plus on avance, plus ils s’épaississent, plus les points de vue des personnages changent ; le héros n’est pas seul dans sa transformation.
L’auteur a évité aussi le danger de ce genre de livre qui est de tomber dans une trop grande technicité fonctionnelle ; pas besoin d’être expert en robotique ou en armement pour comprendre les outils ou les moyens mis en œuvre, ni de lire des pavés de description pour nous présenter chaque fusil ou munition.
Conclusions
Malgré mon appréciation de cet univers, j’ai cependant du mal à conclure. La principale raison de cela, c’est que je ne suis pas sûr de quel public est visé. Je ne saurais pas dire, contrairement à Indomptable, quel catégorie de lecteur aimera à coup sûr.
Il ne me reste qu’à vous dire que si les prémices vous intriguent, alors n’hésitez pas, prenez une copie, lisez le premier tome et avisez ensuite.
Le mot de la fin sera que, à mon avis, il mérite bien son prix Hugo.
